Poser des parpaings en ligne droite avec des joints parfaitement réguliers, ça semble basique – et pourtant, c’est là que la majorité des erreurs de construction amateur se glissent. Le lunibloc résout ce problème d’une façon tellement simple que beaucoup se demandent pourquoi personne n’y avait pensé avant.
À quoi sert exactement le lunibloc?
Le lunibloc est un gabarit de maçonnerie qui guide la pose de chaque rangée de parpaings à épaisseur de joint constante. Son principe : deux montants verticaux reliés par des traverses réglables maintiennent les blocs en position pendant que le mortier prend, sans qu’on ait à mesurer à chaque fois. L’outil est breveté, ce qui n’est pas anodin – il a été sélectionné parmi les six premières inventions au concours innovation TF1 en 2008 et présenté dans les magazines Système D et Que Choisir.
Concrètement, le gabarit cible un joint horizontal de 10 mm, avec une tolérance maintenue à ±1 mm sur l’ensemble du mur. C’est cette régularité qui change tout : un mur monté sans gabarit présente des variations de 2 à 5 mm d’une rangée à l’autre, ce qui se traduit par un aplomb approximatif et une perte de mortier difficile à maîtriser.
Côté matériaux, l’économie de mortier estimée par les utilisateurs réguliers se situe entre 10 et 15 %. Sur un projet de 30 m² de mur, ça représente plusieurs sacs de mortier-colle ou de joint – pas négligeable. L’outil est compatible avec des parpaings de 10 à 27 cm de largeur, ce qui couvre la quasi-totalité des formats courants disponibles en France.
Où acheter un lunibloc et combien ça coûte?
Premier point à savoir : vous ne trouverez pas le lunibloc en rayon chez Leroy Merlin ou Castorama. Les grandes enseignes de bricolage ne le référencent pas. L’achat passe par des canaux spécifiques – l’inventeur directement via son blog, des distributeurs spécialisés, ou des petites annonces. Le site de référence pour trouver l’outil ou les coordonnées du fabricant est lunibloc.bricoblog.fr.
Les prix varient selon le modèle et le matériau. Voici un tableau récapitulatif des fourchettes constatées :
| Type de modèle | Matériau | Prix indicatif |
|---|---|---|
| Version entrée de gamme | Plastique | 30 à 50 € |
| Version intermédiaire | Métal léger | 60 à 80 € |
| Modèle inventeur (tarif de lancement) | Variable | 114 à 124 € frais inclus |
| Gamme commerce supérieure | Acier galvanisé / alliage | 150 à 300 € |
L’écart entre 150 € et 300 € s’explique par trois facteurs concrets : le matériau de la structure (acier galvanisé versus alliage léger), la robustesse des vis de réglage qui doivent résister à des centaines d’utilisations sans prendre du jeu, et la plage de compatibilité couverte (certains modèles haut de gamme s’adaptent à tous les formats de parpaings de 10 à 27 cm sans modification).
Si vous montez un seul mur de clôture ou une petite extension, un modèle à 50-80 € peut suffire. Pour un chantier de construction suivi, le modèle à 114-124 € vendu par l’inventeur offre un bon rapport entre fiabilité et prix, avec la garantie de respecter la tolérance ±1 mm sur la durée.
Fabriquer un lunibloc soi-même : ce que ça implique vraiment
Des tutoriels circulent sur les forums de construction, et l’idée est séduisante : fabriquer son propre gabarit pour une dizaine d’euros. C’est faisable, mais l’honnêteté commande de poser les choses clairement avant de se lancer.
Trois matériaux sont envisageables selon votre atelier et votre budget :
- Contreplaqué : rapide à travailler, pas cher (10 à 15 €), mais sensible à l’humidité. Un chantier pluvieux ou un outil mal stocké, et les cotes se déforment.
- PVC rigide : léger, insensible à l’humidité, découpe à la scie. Plus stable que le bois pour des chantiers extérieurs.
- Métal plié : le plus durable, mais nécessite une plieuse, un poste à souder ou au moins une perceuse-visseuse avec les bons accessoires. Pas accessible à tout le monde.
Le principe de construction reste le même quel que soit le matériau : deux montants verticaux reliés par des traverses horizontales réglables via des tiges filetées et boulons. Vous aurez besoin d’une règle de maçon pour les références de longueur et d’un niveau à bulle pour valider la verticalité des montants.
Le vrai piège, c’est le temps. Les forums les plus optimistes parlent de moins de 2 heures. En pratique, pour un gabarit vraiment précis – l’un qui tient la tolérance à ±1 mm – comptez plutôt 4 à 12 heures, selon votre niveau en travail du bois ou du métal. Le coût matière reste contenu : entre 10 et 20 € si vous récupérez des chutes de matériaux. Mais si vous devez acheter l’outillage spécifique (scie à onglet, perçage précis, niveau de qualité), l’addition monte à 150 à 400 € selon ce qui vous manque.
Une version DIY en contreplaqué ou PVC, bien conçue, peut parfaitement fonctionner pour un chantier unique. Ce n’est pas la même histoire si vous en avez besoin pour plusieurs projets dans l’année.
Lunibloc acheté ou fabriqué : lequel choisir selon son projet?
La réponse dépend de trois paramètres : la fréquence d’utilisation, l’outillage déjà disponible, et la précision attendue. Voici comment trancher selon votre situation :
- Un seul mur, outillage disponible, budget serré : le DIY en PVC ou contreplaqué est rentable. Vous passez 4 à 6 heures mais vous dépensez moins de 20 €.
- Plusieurs chantiers par an ou projet professionnel : un modèle acheté s’amortit vite. Un lunibloc bien entretenu dure 10 ans, ce qui ramène son coût à quelques euros par an.
- Atelier limité, pas de scie précise : fabriquer un gabarit fiable devient compliqué. Mieux vaut acheter un modèle à 60-80 € que de passer une journée à obtenir un résultat approximatif.
- Chantier humide ou exposition aux intempéries : évitez le contreplaqué DIY, il ne tiendra pas. Un modèle métal ou PVC acheté est plus adapté.
Ce raisonnement vaut d’ailleurs pour d’autres outils de maçonnerie comme le surbot, qui joue un rôle analogue pour maintenir les ouvertures en aplomb pendant la construction – la question achat vs fabrication se pose dans les mêmes termes.
Conseils d’utilisation pour obtenir un mur bien aligné
Le lunibloc règle la moitié du problème – l’autre moitié reste entre vos mains. Quelques points à ne pas négliger pour que le résultat soit à la hauteur.
Avant de poser la première rangée, réglez le gabarit précisément sur 10 mm de joint en utilisant une cale étalon. Un réglage fait à l’oeil fausse toute la précision que l’outil est censé apporter. Bloquez les vis de réglage fermement – un jeu de 0,5 mm sur le gabarit se répercute sur chaque assise.
Même avec un gabarit, vérifiez l’aplomb et le niveau tous les 1,5 m environ. Un parpaing légèrement déformé ou un fond de fouille pas parfaitement horizontal peut créer une dérive progressive que l’outil seul ne corrige pas.
Après chaque session de travail, nettoyez le gabarit au chiffon humide avant que le mortier ne sèche sur les traverses réglables. Du mortier durci sur les vis de réglage, c’est la tolérance ±1 mm qui disparaît progressivement. Sur un modèle métal, un léger huilage des pièces mobiles une à deux fois par saison prolonge sa durée de vie.
Le lunibloc est compatible avec des parpaings de 10 à 27 cm – mais vérifiez avant tout changement de format de bloc que le gabarit est bien recalé. Changer de largeur de parpaing sans ajuster le gabarit produit exactement le type d’erreur que l’outil est censé éviter.
Un mur de parpaings monté avec méthode et un bon gabarit n’a rien à envier à un mur professionnel – la régularité des joints, c’est 80 % de l’esthétique et de la solidité d’un ouvrage en bloc.